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Chronique annoncée d’une pénurie de professeurs

© Pixabay_Clker

CHRONIQUE ANNONCEE D’UNE PENURIE DE PROFESSEURS

 

Ce serait presque anecdotique si cela n’était pas symptomatique d’un problème maintenant récurrent et, par conséquent, inquiétant.

Parce que nous, personnels de l’Education Nationale, sommes avant tout des êtres humains, il nous arrive d’être absents, parce que malades, enceintes ou autres. Alors que ces absences sont parfois prévues et actées par nos administrations bien en amont de notre départ, plusieurs semaines se passent parfois avant qu’un remplaçant ne soit envoyé pour nous suppléer, laissant nos élèves sans enseignement disciplinaire bien trop longtemps. Les parents, à raison, s’affolent et vocifèrent.
L’on peut parfois entendre : « Oui, vous comprenez, les TZR disponibles sont rares ! » Quel aveu ! L’institution reconnait donc ne pas être capable ni d’anticiper ni d’assurer l’une de ses premières missions.

C’est à ce moment que l’on se dit qu’il y a un réel souci de recrutement dans l’Education Nationale.

Mais pourquoi n’y a-t-il plus de professeurs remplaçants ? Pourquoi est-il si difficile de gonfler les effectifs des enseignants ?

La gestion des viviers pour les directions des ressources humaines ne peut plus aujourd’hui être à flux tendu car nous vivons les conséquences des politiques passées et de l’évolution de notre société. La lente baisse des candidatures aux concours restreint le nombre d’enseignants des premier et second degrés, toutes disciplines confondues, à tel point que parfois, le nombre d’admis est inférieur au nombre de postes à pourvoir.

Des désaffections records dans les rangs des stagiaires. Le manque d’attractivité d’une profession qui ne fait plus rêver et pour laquelle il faut créer une prime ‘miracle’ qui, au passage, ne bénéficie qu’à un tiers d’entre nous. Des conditions de travail qui se dégradent : réunionite, nombre d’élèves par classe, missions supplémentaires, entre autres. Des familles de plus en plus vindicatives, capables de nous trainer dans la boue sur les réseaux sociaux, voire plus grave encore. La philosophie du « pas de vague » qui nous musèle et fait dire que tout va bien, puisque personne ne se plaint. Des salaires qui n’évoluent pas malgré les grandes promesses de ‘revalorisation historique’, mais de facto la valeur du point d’indice n’a pas changé depuis 2010 (exception faite de deux légères hausses en 2016 et 2017 de 0.6%). Les discours anti prof ou prof bashing entendus çà et là dans les media…

La liste est déjà longue, et loin d’être exhaustive ! Alors, oui, nous assistons à une vraie crise des vocations.

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