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B Smart : l’école idéale de la Cour des comptes

© Capture d'écran du 21 décembre 2021 de l'intervention de Jean-Rémi GIRARD, Président du SNALC, interrogé par B Smart.
«…il n’y a pas forcément une sur-dépense, il y a peut-être des questions de répartition parfois, mais il n’y a pas spécialement de sur-dépenses, nous avons plutôt l’impression de manquer de moyens, de manquer d’attractivité et de manquer de manière générale d’une éducation qui attirerait vers elle…»

L’école idéale de la Cour des comptes

Les dépenses pour l’éducation sont élevées, mais les résultats ne sont pas à la hauteur. C’est la conclusion de la dernière note de la Cour des comptes publiée mardi 14 décembre. Les magistrats financiers dénoncent notamment un système éducatif trop centralisé. La Cour des comptes plaide pour réorganiser le système scolaire autour des chefs d’établissement et pour une forme de rémunération au mérite des enseignants, dont le temps de travail serait annualisé.

 

Jean-Rémi Girard, président du SNALC, syndicat de l’école au supérieur,  répond aux questions sur B Smart le 21 décembre 2021. 

 

[…] Journaliste : Jean-Rémi Girard, des dépenses en hausse, en tout cas, c’est un fait. Un niveau de compétences notamment en primaire très bas, alors même si on s’améliore, en tout cas, il est peut-être encore trop bas. Comment expliqueriez-vous ce bilan ? Jean-Rémi Girard : On n’est pas forcément en désaccord avec un certain nombre de constats qui sont faits pas la Cour des comptes, qui en fait ne sont pas faits par la cour des comptes. Il y a des études qui existent, y compris du propre ministère de l’Éducation nationale sur la question du niveau en français et en mathématiques : la propre direction statistique de l’Éducation nationale mesure avec précision tous les cinq ans son propre échec. De ce point de vue, il n’y a rien malheureusement de très nouveau. Sur la question concernant les dépenses en augmentation, cela dépend un peu du référentiel. La part du PIB dans le système éducatif est en diminution ; certes tout augmente mais la part de l’éducation diminue à nombre d’élève à peu près constant premier second et degré confondus. Donc il n’y a pas forcément une sur-dépense, il y a peut-être des questions de répartition parfois, mais il n’y a pas spécialement de sur-dépenses, nous avons plutôt l’impression de manquer de moyens, de manquer d’attractivité et de manquer de manière générale d’une éducation qui attirerait vers elle. Cela fait des années qu’on a du mal à recruter des professeurs et même des chefs d’établissement. C’est un constat central que la Cour des comptes n’évoque finalement pas. Journaliste : Est-ce que vous faites le même constat que Jean Klein : il y a un niveau scolaire toujours trop bas pour les professeurs et les personnels de direction mais qui ne se dégrade pas ? Jean-Rémi Girard : Ça se dégrade objectivement comme pour les mathématiques, on a des enquêtes aussi bien nationales qu’internationales qui montrent effectivement un problème majeur. Il y a de nombreuses explications pas seulement liées au niveau d’investissement, il y a un souci sur l’enseignement des mathématiques en France, c’est certain. Là où l’on se rejoint, c’est qu’on en demande de plus en plus à l’école, on peut le présenter sous la forme « on fait acquérir de nouvelles compétences aux élèves », on peut aussi le présenter sous la forme « l’école se voit de plus en plus en train d’essayer de gérer des faillites de la société, des difficultés familiales, l’inclusion d’élèves en situation de handicap sans les moyens de cette inclusion » donc nous avons de plus en plus de choses à faire, de plus en plus de difficultés, de plus en plus de réunions également au détriment de l’enseignement. Journaliste : La Cour des comptes pointe les problèmes et dit que l’école creuse également les inégalités, vous allez nous dire si vous êtes d’accord. Jean-Rémi Girard : Les inégalités existent en France, on n’arrive pas en tout cas à les résorber. Là aussi, il faut se garder d’un jugement ultra rapide en disant si on fait comme en Finlande, les inégalités seraient résorbées mais il y a beaucoup moins d’inégalités en Finlande qu’en France au départ. Il faut faire très attention, on a beaucoup de questions sur l’organisation globale de notre système scolaire, la place du privé par exemple. On a une sorte de concurrence public-privé qui est assez déloyale dans certains endroits. En région parisienne, c’est très net comme dans la plupart des grandes villes. C’est effectivement un point de tension. Nous défendons que les élèves puissent avoir de la variété, qu’on puisse avoir une hétérogénéité contrôlée mais intéressante. Pourtant dans certains endroits, les bons élèves et les élèves riches partent au même endroit, le système public fait donc ce qu’il peut avec les élèves qu’il est de tout façon obligé de prendre par ce que c’est sa fonction et sa mission, mais il a du mal à être très attractif en faisant cela. Journaliste : Et le boom des écoles privés et hors contrat accentue peut-être ce phénomène ? Jean-Rémi Girard : Oui, cela reste limité mais on constate depuis plusieurs années que la part du privé hors contrat augmente ; on avait le privé sous contrat qui, déjà, avait une forme d’attractivité très forte, mais qui est lui-même dépassé par le privé hors contrat qui reste dans des proportions faibles mais dans des proportions sans cesse en augmentation. […] Journaliste : Jean-Rémi Girard, il nous reste très peu de temps sur la proposition choc de la prime au mérite pour les enseigants, qu’est-ce qui va, qu’est-ce qui ne va pas dans cette proposition ? Jean-Rémi Girard : Un, cela existe déjà. Soit certains enseignants veulent faire plus d’heures comme des heures supplémentaires, la part des heures supplémentaires a très fortement augmenté dans les établissements. Quelqu’un qui veut travailler plus peut le faire, il n’y a pas de difficultés aujourd’hui, je rajoute il y a au contraire trop d’heures supplémentaires. Il y a des indemnités pour des missions. On peut toucher une indemnité qui ne correspond généralement pas à la quantité de travail qu’on donne sur cette mission. Le problème est qu’on a une enveloppe qui est absolument rikiki pour un nombre de missions qui est en train d’exploser. Si on fait ce que préconise bizarrement la Cour des comptes, on va augmenter la dépense publique parce que des missions supplémentaires on en a tous les matins, tous les midis, tous les après-midis et tous les soirs. De ce point de vue là je ne vois pas très bien ensuite comment la Cour des comptes va elle-même trouver un moyen de définir le mérite, c’est très compliqué de faire cela. Cela a été essayé, on a eu beaucoup de mal, les inspecteurs et les chefs d’établissement essayent aussi lors de l’évaluation des enseignants, ce n’est pas simple et de toute façon c’est contingenté. Donc quoi qu’on fasse, cela ne change pas grand chose. On a ce problème majeur, la cour des comptes a des propositions très idéologiques, c’est le même rapport depuis 10 ans, c’est cette autonomie. Au SNALC, on le dit très clairement, plus on préconise l’autonomie moins les enseignants ont de libertés. Cela semble paradoxale, on le vérifie pourtant tous les jours.

« Cela fait des années qu’on a du mal à recruter des professeurs et même des chefs d’établissement. C’est un constat central que la Cour des comptes n’évoque finalement pas.»
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