Le ministère a fait le choix de passer les spécialités sous le régime du contrôle continu, d’adapter (un peu) les épreuves anticipées de français et de philosophie et de maintenir le grand oral. Pour le SNALC, qu’est-ce qui pose problème.
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Philosophie et EAF : l’honneur est sauf
Le ministère a pris acte des circonstances de travail et d’apprentissage dĂ©gradĂ©es en allĂ©geant un peu le nombre de textes pour les oraux de français et en augmentant le nombre de sujets possibles en philosophie. Ce n’est pas une solution parfaite. Elle pourrait mĂªme Ă©voluer si la situation sanitaire venait Ă se dĂ©grader. Mais, au moins, une rĂ©ponse a Ă©tĂ© apportĂ©e qui permet de maintenir les Ă©preuves tout en maintenant aussi un certain niveau d’exigence.
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Tronc commun et spécialités : les dangers du contrôle continu
Malheureusement, ce n’est pas le choix qui a Ă©tĂ© fait pour les Ă©preuves de spĂ©cialitĂ©. Le SNALC rĂ©clamait qu’elles soient repoussĂ©es et que l’on soit dans la mĂªme logique que celle choisie pour les EAF et pour la philosophie. En effet, notre volontĂ© est avant tout de protĂ©ger nos collègues.
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Les protéger des risques sanitaires en adaptant les conditions d’enseignement. Mais aussi les protéger des dangers du contrôle continu. Le ministère n’a pas suivi nos préconisations et a pu s’appuyer sur certains syndicats toujours prompts à réclamer que l’on passe au tout contrôle continu.
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Aujourd’hui, le SNALC ne peut que constater que les dangers contre lesquels il mettait en garde se rĂ©alisent. Aujourd’hui les syndicats qui soutenaient le contrĂ´le continu parce que – soi-disant – c’est plus juste, c’est pĂ©dagogiquement intĂ©ressant et cela enlève la pression qu’exerce l’examen sur les enseignants et les Ă©lèves, dĂ©chantent. Ils voulaient le contrĂ´le continu… mais pas comme cela. On serait presque attendri par autant de naĂ¯vetĂ© si les remontĂ©es de terrain n’étaient pas si dramatiques.
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En effet, les pressions se multiplient. L’institution a produit, par le biais de l’inspection gĂ©nĂ©rale, un document censĂ© permettre une homogĂ©nĂ©isation des pratiques et donc une plus grande Ă©quitĂ©. Au final, ces consignes, arrivĂ©es si tard qu’elles ne concerneront qu’un trimestre ou un bout de semestre sont, Ă de rares exceptions, un moyen de faire pression pour forcer Ă une extrĂªme bienveillance. Le SNALC n’a rien contre la prise en compte des conditions dĂ©gradĂ©es. Mais nous refusons que cela tourne au n’importe quoi. Et pour nous, demander que les devoirs maisons soient pris en compte parce qu’ils tĂ©moignent de l’engagement de l’élève, que les notes permettent de rendre compte de la progression ou que la simple prĂ©sence de l’élève devienne un critère n’est clairement pas le bon message. Heureusement, ce document n’a aucune valeur lĂ©gale ou contraignante. Mais des chefs d’établissement tentent de s’appuyer dessus pour instaurer des rĂ©unions disciplinaires, prĂ©sidĂ©es par eux, pour « harmoniser les pratiques ». Ces rĂ©unions n’ont pas vocation Ă exister. Si vous deviez Ăªtre contraints d’y participer, n’hĂ©sitez pas Ă nous contacter.
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Au final, le bac 2021 risque de ressembler à celui de l’an dernier qui a permis à certains élèves ayant à peine huit de moyenne générale d’obtenir leur diplôme sans passer par le rattrapage. D’autant que les jurys d’harmonisation seront de retour cette année.
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Mais alors, pourquoi le ministère a-t-il choisi de passer les disciplines du tronc commun et les spécialités en contrôle continu ? L’on peut y voir un moyen d’asseoir une forme de mainmise sur les pratiques pédagogiques et la notation des professeurs. Mais sans doute est-ce un effet, un dommage, collatéral d’une autre volonté : maintenir le grand oral.
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Un nouveau totem : le Grand oral
Le ministère a refusé de sacrifier le joyau de sa réforme. Pour le SNALC, il y a là une ineptie absolue.
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Cette Ă©preuve est censĂ©e se prĂ©parer dès les cours de spĂ©cialitĂ©s de première. Elle est nouvelle (mĂªme si cela fait deux ans que l’on en parle dĂ©sormais) et sur le terrain, la majoritĂ© des professeurs, comme leurs Ă©lèves, sont bien embĂªtĂ©s pour savoir ce qui y sera rĂ©ellement attendu. Impossible donc de prĂ©parer sĂ©rieusement les Ă©lèves Ă ce Grand Oral.
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Il y a bien des formations. Mais elles sont assurĂ©es par des collègues qui, bien Ă©videmment, ne l’ont jamais pratiquĂ©e et dĂ©livrent parfois des informations fausses. On ne saurait les blĂ¢mer. Les corps d’inspection n’en savent pas plus qu’eux. Ils ont Ă©tĂ© obligĂ©s de se former seuls. Ils ne peuvent s’appuyer que sur leur propre comprĂ©hension des rares textes de cadrage. Globalement, vous en saurez autant que les corps d’inspection ou les collègues qui ont pris sur eux de former au Grand oral en lisant la note de service du 11 fĂ©vrier 2020.
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Il fallait que la machine fonctionne. Les adaptations permettaient de prendre en compte les conditions d’enseignement. Le SNALC s’est donc abstenu sur ces adaptations lors du CSE. Mais il a marquĂ© son dĂ©saccord et a annoncĂ© qu’il serait au cĂ´tĂ© de tous les collègues qui seraient victimes de pression. Donc, si cela devait Ăªtre votre cas, n’hĂ©sitez pas Ă nous contacter.
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Sébastien Vieille Secrétaire National à la pédagogie



