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Outiller les harcelés, l’angle mort de pHARe.

© @istock-DGLImages

A chaque consultation du Ministère sur le harcèlement, le SNALC n’a cessé de rappeler que le traitement des situations nécessite parfois un travail de dentelle et que différentes méthodes existent. Certaines préconisent de dénoncer les faits à un adulte qui va les faire cesser en punissant les agresseurs ; d’autres de développer l’empathie des agresseurs.

Dans la réalité, au regard des statistiques et de la souffrance des victimes, cela ne semble pas toujours suffisant.

Pour le SNALC, le plus gros problème est de ne pas impliquer la victime dans la résolution de la situation, et donc de contribuer à diminuer sa confiance en elle.

Comment aider la victime à faire face ?

Plusieurs méthodes existent pour pallier cela et notamment celle de Philippe AIM psychiatre[1] ou bien celle d’Emmanuelle PIQUET psychothérapeute[2].

 Tout part du constat suivant :

« LA SEULE CHOSE QUE L’ON VEUT, C’EST QUE CELA S’ARRETE. »

Pour le docteur AIM, l’agression est inévitable dans les groupes humains. Il est donc important de leur apprendre à gérer les conflits pour éviter qu’ils ne dégénèrent.

Qu’est-ce qui fait qu’une agression recommence ? Il compare ici ce mécanisme à celui d’une machine à sous : puisque des pièces tombent l’agresseur remet une pièce. L’agressé donne à son agresseur une récompense en lui montrant qu’il a été touché. Ce sont les réactions « ABCDE » :  A= « arrête », B bouder, C contre-attaquer, D dénoncer, E l’éviter. Ces réactions ne découragent pas l’agresseur et font que cela continue.

Il semble donc nécessaire de les entraîner à réagir autrement.

Pour cela le docteur AIM a développé « le jeu de l’idiot ». Il s’agit ici d’entraîner les enfants à acquérir une nouvelle compétence. Son jeu repose sur 5 règles d’or :

  1. On est embêté/harcelé pour une seule raison : PARCE QUE CA MARCHE,
  2. Il faut traiter les autres comme nous AIMERIONS qu’ils nous traitent : en étant amical, empathique…
  3. Dans notre pays, les gens ont le DROIT de PENSER et de DIRE ce qu’ils veulent (à quelques exceptions près…), même si c’est bête, faux, méchant.
  4. Personne n’a de télécommande vers le cerveau des autres, les pensées sont toujours légitimes.
  5. Il faut s’entraîner pour que les mots ne blessent plus. Ils n’ont que le pouvoir qu’on leur donne !

Si l’agressé n’est plus perçu comme une victime, il n’y aura plus personne à harceler.

Selon cette méthode, seules les réactions qui vont déstabiliser le harceleur, vont contribuer à apaiser les tensions.

Ces méthodes peuvent être utilisées également en prévention en entraînant régulièrement les enfants afin qu’ils acquièrent cette compétence.

En ce qui concerne la gestion du harcèlement, le SNALC appelle l’administration et l’ensemble des collègues à rester ouvert et à se focaliser aussi sur l’accompagnement des victimes car, quoi que l’on en dise, ce sont bien elles qui souffrent le plus.

GUYOT Anaïs, SNALC de Champagne-Ardenne

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