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Réforme CPGE Clémenceau/Rooseelt : que de mauvaise foi !

© istock_malerapaso

 

REFORME CPGE CLEMENCEAU/ROOSEVELT :

QUE DE MAUVAISE FOI !

 
 

Les arguments avancés par le Recteur et le Ministère de l’Education nationale pour justifier le projet de réforme de CPGE entre les lycées Clemenceau et Roosevelt de Reims ne sont pas recevables.

Pour rappel, le projet de réforme envisage l’ouverture à la rentrée prochaine d’une nouvelle filière scientifique en CPGE, la MP2I/MPI (maths-physique-informatique) à Roosevelt. Dans ce but, il est prévu de transférer des classes de MPSI/MP* (maths-physique) de Clemenceau à Roosevelt, puis de les y transformer en classes de MP2I/MPI. Pour « compenser » les pertes subies par Clemenceau, ce dernier accueillera les classes d’ECS se trouvant à Roosevelt, fusionnées en ECG.

Le SNALC a interpellé les autorités sur les différents problèmes que poserait cette réforme. (lien article SNALChampagne n°3). Les arguments de réponse qu’il a reçus sont loin d’être satisfaisants. Ils sont même sidérants. Florilège :

La « réflexion a été conduite […] tout en prenant compte […] des choix d’orientation des élèves »[/i] : leur choix a tellement bien été pris en compte qu’on fermera deux classes à Reims de la filière la plus plébiscitée par les étudiants, celle qui a le moins de problème de recrutement justement !

« 15% des […] places proposées en CPGE demeurent vacantes à chaque rentrée scolaire » : on voit bien la vision comptable du Ministère qui oublie que les étudiants ne sont pas des bouche-trous et dont les choix d’orientation ne peuvent pas correspondre à 100% à toutes les offres proposées par les différentes filières. De plus, il n’est pas défendable d’exiger un taux de remplissage des classes au maximum alors qu’actuellement, les lycées sont priés de fonctionner en demi-jauge et de respecter les distances imposées par Covid-19…

« un travail de mise en œuvre est toujours [en cours] avec les équipes pédagogiques des lycées concernés » : à ce jour, les collègues n’ont pas du tout été associés à la réforme ; pire, ils savent que la décision de réformer a été prise en octobre dernier et que les proviseurs des lycées concernés ont alors reçu l’ordre de ne rien leur dire; enfin, ils n’ont toujours pas connaissance de ce qu’ils deviendront à la rentrée prochaine !

« c’est une réforme à coûts constants » : c’est faux ! c’est une réforme à coûts décroissants car des heures de postes seront perdues, en langue par exemple ; de plus, il y a déjà eu des fermetures sèches de CPGE dans le bassin, comme à Châlons il y a quelques années ; la balance reste donc négative dans notre académie !

« la réforme favorisera plus la parité dans les CPGE » : ce sera le contraire puisqu’à l’heure actuelle, il n’y a que 12% de filles candidates en MP2I pour l’an prochain contre 25% de filles habituellement en MPSI !

« la réforme est équilibrée entre les deux lycées » : la filière ECG (économie, commerce) censée remplacer les classes de MPSI perdues à Clemenceau n’a rien à voir avec ces dernières ; c’est donc un troc qui ne marche pas !

Avec ces réponses, les autorités font preuve de mauvaise foi. C’est inacceptable car les professeurs concernés par le projet ne sont pas totalement opposés à la réforme. Ils voient d’un bon œil l’ouverture de la nouvelle filière MP2I/MPI qui répond à un besoin. Ils demandent que la réforme soit réexaminée avec une vision ambitieuse et humaine et non seulement comptable. Ils aimeraient aussi qu’elle soit l’occasion de créer des pôles de CPGE rationnels dans chaque lycée, contrairement à l’entremêlement compliqué actuel des filières de CPGE entre les deux établissements. Ils souhaitent aussi être associés à la réforme puisqu’ils seront les premiers touchés et obtenir des garanties quant à leur devenir à la rentrée prochaine.

Le SNALC continuera à appuyer ces revendications au niveau local et national. Il n’hésitera pas à dénoncer les justifications des autorités qui sont irrecevables. Il ne s’agira pas d’opposition de principe mais au contraire d’une volonté d’être constructif, dans l’intérêt de tous les oubliés du projet de réforme : les étudiants, les professeurs et le territoire local.

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