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Le pacte nous impacte tous

© iStock_bgblue

La mise en œuvre du pacte, sorte de « cadeau » de départ de l’ex-ministre Pap Ndiaye, va avoir lieu à partir de demain dans nos établissements.

 

Les professeurs signataires en ressentiront très vite les premiers effets :

  • plus d’heures de travail et/ou de présence dans l’établissement en fonction du pacte signé, en plus des 18h réglementaires,
  • un emploi du temps plus conséquent, avec sans doute de mauvaises surprises pour les rendre disponibles afin d’effectuer les remplacements dans le cadre du pacte RCD
  • une part fonctionnelle dans le bulletin de salaire pour rémunérer ce travail supplémentaire, en fonction de son corps

 

Si le pacte semble être une décision purement individuelle, il est probable que le pacte aura à moyen terme un impact sur tous les professeurs, y compris ceux qui ont refusé de signer un pacte :

 

  1. pour la carrière : il n’existe à ce jour aucune garantie que des chefs d’établissement ou des inspecteurs utiliseront l’évolution de carrière comme moyen de pression pour faire signer le pacte, au nom du « rayonnement » dans l’établissement – mot que l’on adore au SNALC,

  2. pour le salaire: le rattrapage salarial pour tous et sans conditions que réclame le SNALC de toutes ses forces depuis des années au Ministère – et non pas une simple revalorisation – sera encore plus difficile à obtenir ; il ne faudra pas s’attendre à ce que le Ministère, en plus des moyens consentis pour financer des pactes, en débloque rapidement et massivement d’autres pour augmenter le point d’indice de manière conséquente,

  3. pour la crédibilité : le mythe de paresse des enseignants sera perpétué au sein de la société française : les gens penseront qu’avant le pacte, les profs étaient payés à ne pas faire grand-chose,

  4. pour les relations entre collègues : des situations d’opposition pourraient voir le jour entre collègues pactés et non pactés, voire entre collègues « concurrents » pour signer les mêmes pactes, au détriment de l’essentiel de leur métier

 

C’est pourquoi, dans un souci d’intelligence collective, le SNALC attire l’attention de tous les professeurs en les invitant à refuser en masse ce qui n’est qu’un moyen pour le Ministère de pallier le manque de professeurs et de masquer – au lieu d’essayer d’améliorer – des conditions de travail toujours plus difficiles se traduisant par un épuisement généralisé des agents.  Il s’agit aussi pour lui de faire croire à tout un chacun que l’on peut avoir une augmentation de salaire « attractive » dans l’Education nationale. Rappelons qu’au final, le pacte, c’est « travailler plus pour perdre moins », comme l’a très bien résumé Jean-Rémi Girard, président du SNALC. A bon entendeur…

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